mercredi 23 juillet 2008

LE SQUASH – OÙ EN EST-ON ?

LE SQUASH – OÙ EN EST-ON ?

Les tendances du marché des loisirs et leur incidence sur le squash


Le squash n’atteindra plus jamais les sommets des années 1980. Le Royaume-Uni a compté plus de trois millions de joueurs de squash (7 % de la population adulte) en 1983/84. Le nombre d’adeptes est tombé à 1.250.000, à peine 2,7 % (selon le TGI – Target Group Index – du British Market Research Bureau International). Ces joueurs qui sont restés fidèles à leur sport ne rajeunissent pas, alors que le nombre de loisirs qui captent l’attention des enfants est plus grand que jamais. En gros, on préfère payer une cotisation unique pour être membre d’un club multi-loisirs et y faire de la gymnastique, de la natation, du squash et du tennis plutôt que de s’affilier à des clubs différents.

Les conséquences nous affectent tous, particulièrement les clubs de squash. Les clubs traditionnels ferment leurs portes ou sont englobés dans des chaînes de fitness et de loisirs alors que les rescapés doivent se battre pour survivre. Ted Wallbutton, Chief Executive et Secrétaire Général de la World Squash Federation et ex-Directeur Marketing de la English SRA (Squash Rackets Association), est persuadé que la récente 'stagnation' du squash au Royaume-Uni est une suite naturelle de la croissance exponentielle de ce sport dans les années 70. «L’explosion du squash a été telle que trop de terrains de squash ont été construits et, ainsi, la diminution du nombre de courts fait partie d’un repli naturel.» John Treharne, Chairman de la SRA et Managing Director des Dragons Health Clubs, attribue la situation actuelle à l’attitude prédominante dans beaucoup de clubs de squash dans les années 80. « Pendant les années dorées, les clubs étaient très élitistes et ils n’ont pas investi dans l’amélioration de leurs installations, » dit-il. « En particulier, les clubs de membres étaient souvent focalisés sur les talents d’un individu plutôt que d’encourager la croissance des pratiquants. »

Bien que quelques clubs réduisent le nombre de leurs terrains, Il y a encore néanmoins à peu près 150 nouveaux courts qui se construisent chaque année au Royaume Uni. Mais il y a un indice plus important que le nombre de courts de squash. Un des baromètres de la popularité du squash est le chiffre des ventes de balles. Dunlop domine le marché et Paul Walters, Dunlop's International Racketsports Marketing Manager, confirme que les ventes de balles sont restées assez statiques ces dernières années. Les stages de vacances de squash, et les cours aussi, semblent se réjouir d’un certain renouveau. Le nombre de jeunes s’inscrivant aux Bryan Patterson’s Universal Squash Camps est en croissance de 50 % par rapport aux années 1995/96 malgré la concurrence venant de nouvelles disciplines.

Comme beaucoup d’autres entreprises des années 90, le squash est acculé à certaines rationalisations. Il adopte une mentalité de plus en plus orientée business à tous les niveaux et s’estime comme un compétiteur dans un marché orienté loisirs en forte croissance.

Comment est-ce arrivé ?


L’année dernière, immobilisé de nombreuses semaines suite à une opération au tendon d’Achille de la jambe droite, j’avais consacré ce temps à m’initier aux blogs. A cette occasion, j’avais rédigé quelques lignes sur la situation du squash en Belgique et le site de SquashLibre les avait accueillies. C’était avant le mois d’avril et le crash de l’hébergeur, elles sont donc perdues.

Cette année-ci, rebelote et, je l’espère, dix de der, c’est celui (le tendon) de la jambe gauche qui a cédé à mon inconscience et aux sollicitations que je lui ai demandées. Le chirurgien ayant fait son œuvre, me voici à nouveau devant le clavier de mon ordinateur.

La première partie ci-dessus est une traduction et une introduction.

Quand on parle de golden, ce sont généralement les sixties que l’on qualifie ainsi. En Belgique, les années quatre-vingt m’ont permis de découvrir le squash qui n’était manifestement pas encore dans une période noire. J’ai eu la chance de taper sur mes premières balles au Liberty’s. Ce club était situé (l’imparfait n’est pas une erreur et la date du 1er avril2008 n’est pas une farce, le propriétaire a fermé les portes) à cinq minutes de l’endroit où je travaillais et il mettait seize terrains à la disposition des joueurs. Entre dix-huit heures et vingt-deux heures, les heures les plus demandées et les plus chères, il n’y avait pas moyen de réserver un terrain moins de deux semaines à l’avance ! Nous avions pris l’habitude de jouer le lundi soir à partir de vingt-deux heures et l’après sport se terminait régulièrement vers deux ou trois heures du matin.

A cette époque, le tiroir-caisse des propriétaires de club se remplissait sans faire d’efforts. Le Belgica, club d’origine de Stefan Casteleyn, organisait un tournoi où le vainqueur de chaque catégorie gagnait une Breitling. La fédération de squash était constituée par les propriétaires de club dans le but de permettre à leurs membres de rencontrer ceux des autres clubs. Le sport étant le cadet de leurs soucis, ils n’ont pas fait plus d’efforts pour attirer les jeunes et c’était la dernière fédération, avec le football, à se passer de l’aide de l’état.

Advint ce qu’il devait arriver : les joueurs ne se renouvelant pas, les recettes diminuèrent et la solution de facilité adoptée, augmenter les prix des services, n’était pas la meilleure pour attirer de nouveaux clients.

La faillite se profilant à l’horizon, on se résolut à demander l’intervention des deniers publics. Petit problème : dans notre petit pays on est parvenu à se fédérer et il a politiquement été décidé que le sport était géré par les communautés linguistiques. Celles-ci ont décrété que les subventions n’étaient pas distribuées (et ne le sont toujours pas) si on ne répond pas aux critères d’appartenance à une de ces communautés. Obligation donc de créer deux fédérations, ce qui se décida le 13 juin 1995.

Naquirent ainsi deux fédérations qui, malheureusement, ne tirèrent pas les leçons du passé. Elles gardèrent dans leurs statuts cette structure d’association de clubs et les joueurs, pourtant base de l’existence même du sport, ne furent pas associés légalement à la gestion. Par opposition, le badminton dans notre pays est essentiellement dépendant d’infrastructures publiques. Il n’existe pratiquement pas d’installations uniquement destinées à ce sport et, malgré cela, la progression de l’association est continuelle. Je vous invite à faire un tour sur leur site : http://www.lfbb.net/index.php?menug=0&onglet=0.

J’aurais souhaité vous dire combien de clubs survivent mais malheureusement la réponse obtenue (Le serveur à l'adresse www.squash.be met trop de temps à répondre.) ne me permet d’atteindre mon but pour l’instant. Peut-être qu’en utilisant un autre navigateur, j’utilise en général FireFox, j’obtiendrai une réponse. Hélas, …

  1. Il me reste la mémoire des clubs où j’ai joué en commençant par celui où j’ai débuté. Il a fermé ses portes il y a peu, c’est le dernier en date : le Liberty’s (16 terrains).
  2. Un autre va suivre le même chemin et, si le projet se concrétise, des appartements remplaceront les terrains (6). Julien Bonetat faisait partie en 1995 des joueurs du club de la Forêt de Soignes.
  3. Sur la même chaussée à Uccle, le propriétaire du club de Fort-Jaco attend que les baux des autres commerçants viennent à échéance pour y ériger également des appartements (6 terrains).
  4. A un km à vol d’oiseau à Uccle toujours, le club de la Vivante n’existe plus, les appartements attendent les nouveaux habitants (11 terrains).
  5. Toujours à Uccle, le Brussels (5 terrains) était logé dans un local situé dans le domaine d’un des plus grands clubs de tennis de Belgique, le Léopold, où se déroulent habituellement les championnats de Belgique individuels et qui a accueilli une des plus célèbres paires belges de coupe Davis : Philippe Washer et Jacky Brichant. Ils remportèrent deux fois la finale de la zone européenne de la Coupe Davis, en 1953 et 1957, et affrontèrent les États-Unis d'Amérique en finale intercontinentale. Au Brussels fut organisé un tournoi de squash sponsorisé par Spa où on a pu voir jouer Jansher Khan.
  6. A Woluwe-St-Lambert, le Seven (7 terrains) a cessé ses activités depuis de longues années.
  7. A quelques encablures de la basilique de Koekelberg, le Belgica (8 terrains) est fermé.
  8. A Anderlecht, à 500 m des terrains d’entraînement du fameux club de foot, il y avait aussi des terrains de squash (4) et un club : l’Amicale. Les ambitions ne se sont pas concrétisées mais en attendant le squash ne s’y pratique plus en compétition officielle.
  9. A Wavre, Eric Dewael nous a accueilli au Maca (3 terrains).
  10. Enfin, last but not least, j’attendais mieux de sa part, Justine a sacrifié les terrains (3) qui existaient dans son projet d’académie de tennis pour en faire des salles de fitness. Je lui avais consacré un article dans mon blog, je rectifierai le tir un de ces jours.

Le site étant de nouveau accessible, voici quelques chiffres à ce sujet :



Terrains

Saison sportive

Clubs

Ligue

Non-Ligue

Total

1993/94

44

220

18

238






2007/08

28

133

60

193






2008/09
(estimation)

26

117

52

169

La scission de la fédération n’a manifestement pas été productive. En 15 ans le nombre de clubs affiliés à la ligue a diminué de 36 %, le nombre de terrains gérés par ces clubs de 39 % et la courbe ne s’inversera pas la saison prochaine. La disparition du Liberty’s (16 courts) à lui seul diminuera le pourcentage du nombre de terrains accessibles aux joueurs de championnat de 12 unités (16/133) !

J’ai créé une carte Google (Squash Clubs LFS & autres) qui reprend les localisations des endroits où l’on peut jouer (ou où l’on a pu jouer) au squash en Région Wallonne. Les repères utilisés sont l’icône d’une balle de squash lorsque le club est affilié à la LFS (Ligue Francophone de Squash). Celle-ci est barrée d’une croix rouge lorsque ce club n’existe plus ou n’est plus affilié à la ligue. Bien souvent il existe des terrains de squash dans des clubs de tennis ce qui explique leur représentation avec l’icône d’un joueur de tennis. J’essaierai de maintenir cette carte à jour de façon à permettre à tout amateur de trouver les coordonnées d’un endroit où jouer au squash. Tous les commentaires sont les bienvenus et, surtout, n’hésitez pas à me signaler toute erreur ou omission de part, le but est d’être proactif.

En réalité, tout ceci est très égoïste, il ne faut pas le cacher. Je souhaite participer aux masters de squash des plus de 70 ans du British Open, c’est dans onze ans. Mais pour atteindre ce but, il faut qu’il y ait encore des clubs de squash à ce moment-là et si on n’inverse pas la courbe engendrée par la ligue dans son inactivité, le risque de ne plus avoir de clubs de squash en Wallonie est très grand !

Trêve de plaisanteries, un des buts de l’article est évidemment d’ouvrir le débat à ce sujet, sur un des forums francophones les plus libres dans ce domaine, dans l’espoir de générer des idées pour relancer la pratique de ce sport dans cette partie du monde qui m’est chère, c’est celle où j’y ai mon domicile.

A ce sujet, petit appel à tous les intervenants : faites un gros effort pour relever le niveau général. Je trouve triste qu’un petit Belge vous fasse remarquer que la façon dont vous maltraitez votre langue sur ce site n’est pas lui rendre hommage ! Merci d’avance pour elle, pas Marianne mais sa façon de s’exprimer. J’arrête pour l’instant, je me réserve le droit de revenir, comme le dit Annabel, sur le net je suis un incorrigible bavard.

23 juillet (c’est aujourd’hui) on se décide quand même chez Cerise, comme dirait Mathieu, ou Citronnelle comme pourraient le penser d’autres esprits chagrins, à donner la parole à des acteurs d’une manifestation qui ne se déroule que tous les deux ans, alternativement pour les filles et les garçons. Ce sont ces derniers qui se réunissent au VITIS SportCenter (Wiesenstrasse 8, 8952 Schlieren/ZH-West - Telefon: 044 738 20 20 - Fax: 044 738 20 22 - info@vitis.ch) pour désigner le meilleur d’entre eux pour les deux ans à venir. Comme le nom du site officiel le dit très explicitement (http://www.myplayground.cc/ ) … ;-) c’est là que vont se dérouler les Junior Men’s Squash World Championships 2008.


2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour Alain,

J'ai lu avec beaucoup d'attention l'ensemble de ton article sur Squashlibre.com. Je le trouve très intéressant car il reflète bien une réalité qui se rapproche beaucoup de certaines régions en France comme celle dans laquelle je suis depuis plus de 15 ans : région Pays de Loire. Le nombre de club, de compétiteurs, de jeunes, d'éducateurs est en chute libre sur cette période. C'est un fait que beaucoup cherche a ignorer par méconnaissance mais surtout par volonté politique de cacher ce qui ne va pas.

ken spilleboudt a dit…

salut alain,

j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ton exposé sur notre sport :le squash

je vais te donné mon avis sur ce sujet (je vois déjà la tete de certain caramba lui aussi ...)

je vais prendre un exemple que j ai lu ;il y a peu dans un bizness magasine sur le hockey sur gazon ...
le hockey sur gazon ??? et oui il y a 20 ans le hokey sur gazon ne représentait que quelques (membres) jusqu'au jour ou un directeur commercial ou financier est devenu le boss du hokey ,une personne qui sait faire en temps de crise ,un bizness plan ,une étude de marché ,biznessé avec des partenaires solides,manager des personnes sans un but lucratif mais pour faire exploser des chiffres des stats pour le bien de son sport .
Et bien le constat est on ne peut plus exceptionnelle je crois que tout les parents d'un certain milieu (qui était le "meme milieu" que le squash avant ...)
on pris la décision de mettre leur enfants au hokey sur gazon ...
Ma conclusin est très simple la lfs est une société en difficulté donc il faut trouver dans notre cercle ou autre part un super BOSS passionné à la retraite si possible depuis peu :)
ah j'oubliais ,je ne fais aucune critique sur notre comité qui je crois fait de son mieux avec les moyens disponibles

Bonne journé amis squasheur et squasheuse
P.S j'en profite pour passer une petite annonce pour les squasheuses :) super chouette de vous revoir sur les tournois et j'éspère qu'on va doublé le nombre de jooueuse chaque année pour le plaisir de tous ;)

ken spilleboudt